Retrouver mes copains de 3e - 1

Défi n°1 : Franck, Sylvia et moi

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Comme prévu, retrouver une vingtaine de personnes que l’on n’a pas vu depuis presque 40 ans n’est pas ce qu’il y a de plus facile. La bonne nouvelle, c’est que j’ai pu retrouver tous les noms grâce à ceux à qui j’ai pu parler à ce jour et à l’exception de trois personnes, j’ai pu localiser tout le monde.

La moins bonne nouvelle, c’est que j’avais commencé ce défi alors que je venais d’arriver en France pour trois semaines de vacances et que j’espérais retrouver le maximum de personnes avant de repartir pour l’Afrique du Sud. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de voir tous ceux que je souhaitais rencontrer. Je devrai donc les contacter par téléphone.

Comme cela fait partie du jeu, je me suis soumise à l’exercice. Pardonnez-moi si mon portrait est plus long que les autres, c’est que je connais bien ma vie… Pour mes camarades, c’est très difficile de réduire des vies à quelques mots. J’ai cependant essayé de retirer l’essentiel de ce que j’avais pu saisir de chacun.

Franck Rouvès

Rangée du haut, deuxième en partant de la gauche, celui qui affiche un grand sourire.

Franck RouvèsC’est grâce à lui que j’ai retrouvé la photo de classe, la seule de toute cette période de collège que j’ai pu retrouver. Il l’avait posté sur le site Copains d’avant. C’est ainsi que j’ai pu également retrouver son nom car si son air souriant me rappelait quelqu’un d’enjoué et d’agréable, je n’aurais pas été capable de remettre un nom sur son visage.

Je n’ai pas pu le rencontrer car il vit à Belfort, mais la conversation téléphonique que nous avons eue était très sympathique. Après toutes ces années, et sachant que nous n’étions pas spécialement proches lorsque nous étions en classe ensemble, l’échange a été simple et fluide. Il est étonnant de constater comment ce simple petit fait d’avoir partagé un moment de notre vie, un contexte, une époque, nous rapproche et nous permet de nous parler comme de vieux copains.

Une enfance itinérante

Franck a vécu à Lavelanet pendant six ans et a quitté la ville juste à la fin de la troisième, lorsque ses parents ont décidé de se réinstaller à Mimizan, leur région d’origine. Son père, soudeur dans le bâtiment et les constructions d’usine, se déplaçait avec sa famille au gré des chantiers. Franck a ainsi changé très souvent d’école pendant son enfance, parfois même deux ou trois fois durant la même année.

Pendant les six années passées à Lavelanet, son père a travaillé à la maintenance chez Dumont, une des principales usines textiles de la ville, tandis que sa mère était femme au foyer. Franck a plutôt des bons souvenirs de sa période à Lavelanet car c’était la première fois qu’il restait aussi longtemps au même endroit et cette stabilité lui a permis de se constituer un petit groupe de copains. Quant aux filles, Franck avoue qu’il n’était pas vraiment à l’aise avec elles. Il était timide et réservé, manquant de confiance en lui, et a le vague souvenir d’être sorti avec Michèle pendant deux jours, mais sans avoir osé l’embrasser…

Une carrière dans la logistique

Aujourd’hui, Franck travaille à Belfort pour General Electric en tant que gestionnaire de stock. Il a découvert la logistique dans la vingtaine et depuis, est resté dans cette voie qui lui plaît et lui convient, passant même un bac pro logistique à plus de trente-cinq ans pour valider ses acquis.

L’ancrage : le couple

La rencontre avec celle qui est aujourd’hui sa femme, Natacha, semble avoir joué un rôle majeur dans sa vie. Ils sont maintenant ensemble depuis trente ans et se sont mariés en 2019. Alors qu’ils se connaissaient depuis quelques années, Natacha a plaqué ses études de droit à Bordeaux et est partie aux États-Unis pendant près de cinq ans pour suivre un autre cursus. Lui est resté en France et a assuré un travail alimentaire pour payer ses études à elle. Au retour de Natacha, ils se sont installées à Belfort et pendant des années, elle a énormément voyagé dans le cadre de son travail (chef de projet pour Général Electric) et a passé notamment six mois en Chine.

Paradoxalement, la « bougeotte » de sa compagne a plutôt été un élément stabilisateur pour Franck : « Ce qui m’a beaucoup stabilisé, c’est que j’ai rencontré ma femme qui elle, est beaucoup plus structurée que moi …  Elle m’a toujours tiré vers le haut en m’obligeant à la suivre, elle a toujours mis la barre plus haut, elle entraîne les autres et tu es pris dans le tourbillon avec elle. ». Franck et Natacha ont décidé de ne pas avoir d’enfants, souhaitant privilégier leur couple, leur liberté et les voyages.

En toile de fond, le regret du sud-ouest

Pendant que sa partenaire globe-trotteuse parcourait le monde, il s’est donné à fond à sa passion, le parachutisme et compte aujourd’hui plus de 600 sauts à son actif. Aujourd’hui, Franck se sent bien dans sa vie car il a toujours des projets. Ceux-ci vont de l’achat d’une Mehari pour la retaper et plonger les mains dans le cambouis à prendre des cours de pilotage d’avion ou de planeur (ce n’est pas encore décidé). Il avoue cependant un regret, celui d’avoir quitté les Landes. Lorsqu’il a quitté Mimizan pour Belfort, il n’avait pas réalisé à quel point il était attaché à la culture du Sud-ouest (la chasse, les fêtes, la plage…) et il a souffert de ce déracinement.

En même temps, il avoue lui-même : « C’est difficile de regretter car aujourd’hui, je suis heureux de ma situation et est-ce que ma situation aurait été aussi satisfaisante si je n’avais pas ce choix ? ». C’est toujours l’éternelle question, on fait des choix, on prend des chemins et on peut toujours se demander quelle aurait été notre vie en en prenant d’autres.
Mais Franck a conclu en me disant : « Je suis un éternel optimiste. J’ai cette faculté de voir les choses de façon positive, y compris dans l’adversité ».

Sylvia Arrufat

Rangée du haut, 4e en partant de la gauche, cheveux longs blonds, pull clair.

Slyvia-ArrufatCe ne fut pas très compliqué de retrouver Sylvia. Nous ne nous sommes jamais perdues de vue. Nous pratiquions la gymnastique ensemble et nous avons fait partie de la même bande de copains. Plus tard, nous avons continué à nous voir de temps à autre au cours de nos vies d’adultes, avec certaines périodes d’éloignement et d’autres de rapprochement.

Les parents de Sylvia étaient artisans tisserands, ce qui signifie qu’ils possédaient leur propre atelier et leur propres métiers à tisser. Mais lorsque j’ai connu Sylvia, vers l’âge de douze ans, ils étaient déjà à la retraite car ils étaient âgés. À la naissance de Sylvia, son père avait 56 ans et sa mère 46 ans.

Entre amour et solitude

Un papa gâteau

Pour Sylvia, l’atmosphère à la maison était marquée par la liberté : « Personne ne s’occupait de personne. Je faisais ce que je voulais, je traînais dehors du matin au soir». Son père, alors âgé de 70 ans, l’a élevé plus comme un grand-père que comme un père. Je me souviens d’ailleurs très bien de cet homme. Il était handicapé (il avait une jambe raide, souvenir de la guerre) et avait un très beau visage plein de bonté. Il parlait le français avec un fort accent catalan. Je me rappelle qu’il regardait Sylvia avec des yeux remplis d’amour et semblait incapable d’être dur avec elle. « Il était plein d’amour, toujours à l’écoute, il avait toujours le bon mot, le bon dicton pour m’apprendre l’espoir et l’amour. »

Une mère lointaine

Quant à sa mère, Sylvia me confie qu’elle était dépressive, souvent fatiguée, malade, couchée. Évidemment, lorsque j’y repense, ça me semble tomber sous le sens. Je me souviens de sa mère comme quelqu’un d’un peu absent, nonchalant, ne semblant pas concernée par la vie autour d’elle. Mais à cette époque, j’étais adolescente et je ne me posais pas de questions. C’était la mère de Sylvia, c’était comme ça. En revanche, ce que je ne savais pas du tout et que Sylvia m’a appris lors de notre récente discussion, c’est que sa mère lisait énormément. “Ma mère, c’était une tronche, une bibliothèque ambulante. Elle avait une culture générale phénoménale, elle lisait énormément, tous les grands auteurs et pouvait lire des heures, des journées entières, autant en français qu’en espagnol et en catalan. Elle parlait les trois langues couramment.”

Les parents de Sylvia ne sont jamais allés voir un instit ou un prof et n’ont jamais ouvert un de ses cahiers. Son père qui lisait le catalan et l’espagnol mais pas le français, était déjà très fier qu’elle sache écrire et lire.

Les pieds sur terre

À cette époque, Sylvia n’avait pas vraiment de projet ou même d’idée de ce qu’elle voulait faire. « Je ne savais même pas qu’on pouvait choisir sa vie ». Quant aux rêves, Sylvia ne se souvient pas d’en avoir eus : «  Rêver, je crois qu’on ne m’avait pas trop appris. J’avais l’impression que beaucoup de choses n’étaient pas pour moi, m’étaient interdites, que soit t’es bien né, soit t’es pas bien né. ». À l’école, elle se rappelle avoir été une élève moyenne, mais toujours avec la moyenne, assez pour ne pas redoubler.  « J’étais assez terre à terre, plutôt bosseuse. J’ai vite compris que si je ne me prenais pas en main, personne ne s’occuperait de moi. »

Executive woman

La gnaque

Aujourd’hui, Sylvia est chef d’entreprise à Perpignan. Il y a neuf ans, elle a monté une miroiterie qui emploie aujourd’hui six personnes. Elle espère en embaucher bientôt une septième afin de soulager sa charge de travail. Après des études de comptabilité et de gestion, elle a fait divers petits boulots, puis a travaillé pendant plusieurs années à des emplois de comptabilité et de gestion. Le tournant de sa vie professionnelle a eu lieu il y a vingt ans lorsqu’elle a été engagée par un fabricant de vitrage. Entrée dans l’entreprise pour une mission à durée déterminée, la mise en place de la certification ISO, Sylvia a finalement été embauchée et a appris peu à peu le métier de technico-commerciale en vitrage (principalement sur des chantiers d’entreprises) jusqu’à devenir quelqu’un de très reconnue dans son métier. Elle a su s’imposer en tant que femme dans un monde principalement masculin.

Et puis en 2011, elle a monté sa boîte. Ça n’a pas toujours été simple mais aujourd’hui, elle se sent très épanouie professionnellement. « Même si je bosse beaucoup, j’adore mon métier, c’est ma passion. Chaque année, on se perfectionne un peu plus, on fait des investissements, on a une bonne clientèle et une bonne trésorerie. J’ai encore l’ambition de faire prospérer l’entreprise, mais maintenant, j’aimerais bien embaucher quelqu’un pour me dégager du temps et profiter un peu plus de la vie ».

Côté cœur : Allo maman bobo

Si Sylvia émet quelques regrets, ils sont plutôt à chercher côté cœur. « J’ai surtout des regrets sentimentalement. Je n’ai jamais trop su choisir les hommes de ma vie. » Elle a connu trois grandes histoires dans sa vie. La première fut teintée de violence et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas été vraiment épanouissante. Elle a ensuite rencontré le père de ses deux filles et bien qu’ils soient séparés depuis de nombreuses années, garde de très bons rapports avec lui. La troisième histoire l’a profondément blessée et a laissé des traces qui ont mis du temps à cicatriser.

Malgré tout, si elle a souffert de la solitude pendant longtemps, elle se sent bien maintenant. « Je n’ai jamais été aussi heureuse de ma vie. Professionnellement, je n’ai plus rien à prouver, je gagne bien ma vie. Ça m’a permis de payer les études de mes filles. Maintenant, j’ai des projets simples : je fais des travaux dans ma maison, je vais continuer à faire des voyages pendant mes congés. Je n’attends plus vraiment de rencontrer quelqu’un. Si ça doit arriver, ça arrivera, mais ce n’est pas une priorité. ».

Muriel Romero

Rangée du milieu, 5e en partant de la gauche

Maman dirige, papa est ailleurs

Mon père était employé municipal. Il avait en charge le gardiennage et l’entretien du stade de rugby de Lavelanet. À cette époque, je ne savais pas encore qu’il ne lui restait plus que quelques mois à vivre. C’était ce qu’on appelle un père absent, présent physiquement mais absent car non investi dans la vie familiale. Sa vie, c’était son travail et après le travail, les copains au bistrot. Je suis à peu près sûre qu’il n’a jamais parlé de lui à quiconque. Il ne buvait pas à la maison, ou juste du vin à table, mais tous les soirs il allait prendre l’apéro avec ses copains de bar. Je pense que mon père était malheureux mais même ça, il ne le savait pas.

Ma mère était à ce moment là vendeuse dans un supermarché. C’est elle qui a toujours mené la barque, c’était elle la référente comme on dit. Autorisations, gratifications, achats, questions, école, tout passait par elle, mon père ne regardant que de très loin ce qui se passait dans sa famille . Nous habitions une petite maison dans l’enceinte du stade. Mes parents vivaient leurs vies de façon parallèle. Les disputes étaient finies depuis longtemps, c’était le temps de l’indifférence, un pis-aller pour beaucoup de couples de cette époque, je suppose.

L’âge des premières fois

Depuis l’âge de douze ans, ma vie tournait autour de la gymnastique. J’avais découvert ce sport assez tard mais c’est tout de suite devenu une passion et j’étais au gymnase tous les soirs de la semaine. C’est là que j’ai connu Sylvia et Christine, celles qui furent mes amies pendant un peu plus de deux ans. Depuis l’âge de douze ans, la gym était au centre de ma vie, mais lors de cette année de 3e, mon envie et mon assiduité ont commencé à se relâcher peu à peu. Mon corps se transformait, devenait plus lourd. J’ai commencé à fumer, pour faire comme tout le monde et j’ai pris ma première cuite. J’ai eu pendant cette année-là un amour qui a duré sept mois (une éternité à cet âge), un gymnaste également. La trahison qui a mis fin à cette histoire a fait l’effet d’une déflagration dans ma jeune vie.

Un rêve : glander et être comme les autres

J’ai beau chercher dans les tréfonds de ma mémoire, je ne me souviens d’aucun rêve quant à mon avenir, du moins à cette époque. Comme je l’ai dit précédemment, j’avais rêvé, plus jeune, d’être journaliste et même antiquaire. Plus tard, j’ai eu envie de travailler dans le cinéma, de réaliser des films. Mais à cette époque, rien, le vide intersidéral. Le seul projet que j’avais, était éventuellement d’aller au lycée, mais ça n’allait guère plus loin. Jusqu’à la quatrième, j’avais été une bonne élève, voire une très bonne élève, et puis ça s’est nettement détérioré. Je passais en troisième et puis en seconde sans gloire. C’était cool de ne rien faire à l’école et j’étais quelqu’un de très influençable. Je voulais me fondre dans le moule, être comme les autres. Même les cours de sport, moi qui étais dingue de gym, je les séchais parce qu’à ce moment là, c’était le top de la coolitude. Il fallait fumer et si possible pas que des cigarettes, boire, sortir avec des garçons et ne pas être sportif.

Tu seras secrétaire ma petite

Comme beaucoup de filles (vous verrez, ça se confirmera dans les prochaines interviews), j’ai été orientée vers une seconde G, c’est-à-dire gestion ; à croire que les conseillers d’orientation n’avaient que deux ou trois fiches dans leurs tiroirs. Arrivée au lycée, j’ai appris qu’il existait une filière Arts plastiques. Autant dire que cette découverte n”a pas contribué à me motiver, je l’avais mauvaise. Au final, j’ai passé l’année la plus glandeuse de ma scolarité, à tel point qu’en fin d’année, beaucoup voulaient me réorienter en CAP. Je ne dois d’être restée au lycée qu’à une prof d’économie, Mme Souquet, qui croyait en moi dur comme fer. J’ai donc redoublé et fais une seconde Arts plastiques. Ça allait tout de suite mieux. Je ne peux cependant pas regretter ma première seconde, en gestion, puisque ça m’a permis d’apprendre à taper vite à la machine, à deux mains. J’ai gardé ça en mémoire et ça me simplifie énormément la vie à l’heure où je vous écris.

Histoires de cœur : les montagnes russes

Ma vie sentimentale, tout comme ma vie professionnelle, n’a pas été un long fleuve tranquille. Ma première histoire sérieuse a été très difficile, voire traumatisante, sous-tendue par la violence et la peur. Passons. J’ai eu ensuite plusieurs histoires, plus ou moins courtes. Pour ma deuxième histoire importante, je suis tombée sur le meilleur des hommes et j’ai eu de très belles années, très heureuses. La troisième a été plus compliquée, avec son lot de souffrance mais aussi de moments magiques. Aujourd’hui, je suis célibataire depuis plusieurs années et je suis partagée entre le désir de conserver mon indépendance et celui de connaitre à nouveau l’amour.

À la recherche de mes envies

Je travaille au service communication d’un groupe de déménagement. Après mon baccalauréat A3 (Arts plastiques), j’ai arrêté mes études et donné naissance à ma fille, Iris. Je passe rapidement sur tous les petits boulots que j’ai pu faire (caissière, ouvrière tisserand, vendangeuse, vendeuse de porte à porte, femme de ménage, etc.), c’est sans doute le lot de beaucoup d’entre nous. En revanche, vers l’âge de 24 ans, j’ai commencé à entrevoir ce qui pouvait m’intéresser. Tout ce qui touchait à la création et à la communication au sens large m’attirait. J’ai donc multiplié les expériences (événementiel, graphisme, web design, rédactionnel). Pendant des années, je me suis cherchée. J’avais conscience qu’il me fallait quelque chose de créatif, sinon je m’ennuyais à mourir, mais je ne savais pas trop quelle spécialité choisir.

Un long chemin vers soi

Cela fait environ cinq/six ans qu’écrire est devenu ma priorité car j’ai compris que c’est ce qui me correspondait le mieux, ce qui me rendait vraiment heureuse. J’ai donc commencé à me focaliser sur cet objectif. Sachant que je n’avais pas fait d’études en ce sens, il a fallu montrer patte blanche et être convaincante pour être acceptée au poste où je suis actuellement. Mais j’étais sûre de mon bon droit. Pour une fois, je me sentais légitime. Je n’avais pas fait d’étude de journalisme ou de communication ? Et alors ? Je savais que sur ce terrain là, j’avais de la valeur et que je n’avais rien à envier à d’autres qui avaient fait les bonnes études. C’était mon intime conviction. On m’a mis à l’épreuve et ça a marché. Être où je suis maintenant n’est pas une fin en soi, loin de là, mais c’est une marche de plus vers moi-même, et c’est ce qui compte.

Et si, et si, et si

Si je dois dresser un bilan à cette heure, il est plutôt positif. Bien sûr, je me dis que j’aurais dû faire des études, ça aurait certainement simplifié les choses. Mais est-ce si sûr ? Aurais-je fait le bon choix d’études ? Et toute cette expérience que j’ai acquise en faisant des boulots inintéressants, en me formant moi-même aux logiciels de graphisme, à la création de sites internet, en touchant à plein de choses différentes, pour tester, expérimenter ? Serais-je meilleure si je n’avais pas expérimenté tout ça ? Je peux me dire aussi que je n’aurais pas dû avoir un enfant si jeune. Mais comment pourrais-je regretter d’avoir une fille qui est le soleil de ma vie ?

Au diable les regrets !

Ce que je sais, c’est que je suis heureuse d’être là où je suis maintenant, car je sais que j’avance un peu chaque jour et que je me rapproche d’un équilibre. J’aime la randonnée et je vois les regrets comme de lourdes pierres qu’on se met dans les poches, qui nous alourdissent et nous empêchent de profiter de notre marche et du paysage, bref qui nous empêchent de voyager le cœur léger.


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