Bien vieillir

Êtes-vous prêt(e) à bien vieillir ?

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Et si la vie commençait à 50 ans ?

Vous rappelez-vous comment vous imaginiez le cap des 40 ans lorsque vous étiez adolescent(e) ? Pensiez-vous seulement qu’un jour vous seriez cinquantenaire ? Pour ma part, je pensais que ma vie de femme s’arrêterait à cet âge fatidique des 40 ans, au-delà duquel une femme n’est plus bonne à rien, car n’est plus désirable (du moins c’est ce que j’imaginais !). La seule possibilité qui me semblait envisageable pour échapper à cette malédiction était de me réaliser en tant qu’artiste, et tant qu’à faire, d’être reconnue pour cela. Cela me semblait être l’unique échappatoire pour faire face à la décrépitude annoncée. Aujourd’hui, j’ai 52 ans dans quelques semaines, je n’ai pas réalisé d’œuvres artistiques comme je l’ambitionnais, je suis célibataire depuis plusieurs années, je n’ai pas une vie sociale trépidante, et pourtant je suis heureuse comme je ne l’ai jamais été auparavant. Comment expliquez-vous ceci ?

Quel vieux, quelle vieille voulez-vous devenir ?

Nous avons tous autour de nous des personnes que nous pouvons qualifier de vieux (bien qu’on soit toujours le vieux de quelqu’un !). Il y a ceux que l’on regarde avec admiration, en ce disant qu’on aimerait bien leur ressembler plus tard, il y a ceux, encore en bonne santé physique mais qui déraillent, ceux dont l’esprit est alerte, mais qui sont cloués sur une chaise ou un lit, ceux qui cumulent les mauvais points, en étant gagas et impotents et ceux qui, bien qu’en forme physiquement et intellectuellement, sont devenus revêches ou carrément méchants. Que l’on ne pense pas à cette échéance lorsqu’on a 20 ou 30 ans, c’est assez normal, c’est tellement loin ! Au-delà de 35 ans, on devrait déjà se poser quelques questions, se demander comment on veut vieillir, histoire de commencer à redresser lentement la barre.

Y’a pas que l’ physique !

Pourtant, je suis toujours étonnée de voir beaucoup d’hommes et de femmes qui, même à 50 ans, n’ont toujours pas pris des mesures pour changer ce qui n’allait pas dans leur vie. Je ne parle pas simplement de la santé physique. Nous avons aussi le devoir de prendre en charge notre santé mentale. Vous remarquerez que nos travers s’étiolent rarement avec l’âge. Comme toute mauvaise herbe, ils deviennent même plus vigoureux ! Si nous ne voulons pas devenir ces vieillards grincheux, aigris, renfermés, voire haineux, il nous faut agir tôt et prendre le taureau par les cornes pour opérer en nous certains changements, tant qu’il est encore temps. Nous avons la responsabilité de nous regarder honnêtement dans notre miroir intérieur et reconnaître ces faiblesses qui peuvent se transformer en faille profonde lorsque nous aurons atteint un âge vénérable.

Le changement, c’est maintenant

Les réactions de chacun sont différentes face à ce naufrage en vue. J’en connais qui jurent qu’ils se tueront pour ne pas ressembler à leur mère acariâtre. Je demande à voir… Même des personnes en extrêmes difficultés, arrivées aux portes de la mort, s’accrochent à la vie comme des moules à un rocher. D’autres n’y pensent pas, croyant toujours, comme lorsqu’on a vingt ans, que la vie nous sourira et que demain sera toujours meilleur qu’aujourd’hui, sans que l’on n’ait rien à préparer. Je ne fais partie ni de la première, ni de la seconde catégorie. Je n’ai pas spécialement peur de la mort mais je sais que je suis lâche. Il est donc fort probable que je ne tenterai rien pour faire le grand saut. D’autre part, cela fait un petit moment que j’ai cessé de croire qu’un jour j’allais me réveillais dans une nouvelle peau, comme par magie, et qu’une nouvelle Muriel allait soudain survoler la vie comme dans un rêve, déchargée de ses peurs, de ses névroses et de ses addictions. Non, je sais que ça n’arrive jamais ou peut-être dans des cas exceptionnel. Le déclic révélateur qui vous fait changer de vie du jour au lendemain est un mythe, un truc de scénariste bon à boucler une vie en 90 minutes. La vérité mon frère (ma sœur), c’est que le changement intérieur est l’affaire de toute une vie. Il se fait à tout petits pas en s’inscrivant dans nos empreintes quotidiennes. Le plus tôt nous commençons à prendre en main notre santé physique et mentale, le plus vite nous graverons en nous des habitudes qui feront partie de nous.

Déni, déni ! Quand tu nous tiens !

J’entends parfois ce discours : “Prendre soin de moi ? Je m’en fous, il faut bien mourir de quelque chose !” Non mais, sérieusement ? Refuser de penser à l’avenir ? Soit. Je conçois que cela puisse faire peur, mais soit dit en passant, la peur n’évite pas le danger. Dénier le fait d’être responsable de sa santé ? OK. Se déresponsabiliser est une tactique assez courante. Ne pas pouvoir imaginer de finir grabataire dans un hospice ? OK encore, on sait que la politique de l’autruche est très populaire. Certains encore aiment raconter qu’ils connaissent quelqu’un à l’hygiène de vie irréprochable, mort d’un infarctus à 50 ans. Les mêmes connaissent également quelqu’un qui a bu, fumé toute sa vie sans jamais faire de sport, mort tranquillement dans son lit. C’est fou comme la vie est mal faite parfois !

Si ne c’est pas pour nous-mêmes, faisons-le au moins pour ceux que l’on aime

Trêve de sarcasme, tout cela n’aurait finalement pas une grande importance si ça ne concernait que notre petite personne. En revanche, si l’on passe les deux dernières années de sa vie alité(e), à la charge de son conjoint ou de ses enfants, pour cause de maux qui auraient pu être évités en améliorant son hygiène de vie, ça change la perspective. Que souhaitons-nous pour les êtres qui nous sont chers ?

Cultivons l’art de vieillir

Tous les jours, nous vieillissons inexorablement ; c’est notre seule certitude, qui voyage avec sa sœur aînée, la certitude de la mort. Voulons-nous subir, être désespéré par cette évidence ou éviter d’y penser ? Ou bien choisit-on de faire contre mauvaise fortune bon cœur , en essayant de devenir meilleur tout en mettant de notre côté toutes les chances pour que notre sortie se passe dans les meilleures conditions ? Vieillir est un art qui, comme tous les arts, nécessite une pratique quotidienne si on veut y exceller. La tâche est loin d’être aisée, mais c’est ma quête du Graal et sur ce blog, je vous invite à partir avec moi dans cette chasse au trésor.

 

Crédit photo :
Photo par rawpixel.com – fr.freepik.com

 

 

 

 


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