Lutter contre la rumination mentale

Faire la peau à la rumination mentale

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Suite à l’invitation de Grégory du blog prendreconfiance.com pour participer à l’événement inter-blogueurs sur le thème “Vaincre ses pensées négatives”, je me suis mis à repenser à tout le chemin parcouru ces dernières années pour tenter de venir à bout de ce fléau de l’esprit.

Vaincre ses pensées négatives est un processus qui peut être long, en fonction de divers paramètres tels que l’éducation, l’expérience de vie, ou même le caractère. Et il y a d’ailleurs diverses formes de pensées négatives, auxquelles il est plus ou moins facile de faire face. J’ai choisi de parler ici de la forme la plus envahissante, celle qui colle à l’esprit comme de la glu : la rumination mentale.

La rumination, c’est cette propension à faire tourner en boucle, dans notre tête, la machine à tisser du mal-être. Elle enferme notre esprit et le brouille. C’est le premier niveau, la base des pensées négatives. Et comme dans un jeu vidéo, on ne peut accéder aux niveaux supérieurs que si on a gagné le niveau un. Autrement dit, avant de vouloir faire de son espace intérieur un champ de fleur sous un ciel de printemps, il va falloir s’attaquer à cette activité de ruminant.

Combattre la rumination mentale

Je rumine, tu rumines, il rumine…

Nous ne sommes pas tous égaux face à la rumination. Certains ne savent pas vraiment ce que c’est tandis que d’autres se laissent étouffer par elle. La rumination est certainement une activité que beaucoup d’introvertis partagent, en tout cas ceux qui ont du mal à s’exprimer.

Cela ne signifie pas que si on est introverti, on rumine forcément, mais si on est introverti et mal dans sa peau, et que l’on a pas trouvé d’exutoire à cette faculté de réflexion, nos pensées deviennent alors de la rumination.

Je vous livre ici quelques trucs qui se sont avérés efficaces pour moi, pour lutter contre cette sale habitude. Je les ai classés en quatre approches, mais qui peuvent être bien sûr utilisées simultanément et sans modération.

1- Prendre le taureau par les cornes

1 – Décider qu’on va arrêter de ruminer

Non, ce n’est ni de la provocation, ni une facilité. Ça peut sembler une lapalissade, un enfonçage de porte ouverte ou une injonction de gourou de foire, c’est pourtant un conseil tout ce qu’il y a de plus sérieux. En ce qui concerne notre évolution mentale ou spirituelle, cette étape peut être ignorée alors qu’elle est fondamentale. Ça ne règle pas le problème bien évidemment, mais ça nous met dans une énergie de changement. Une fois la décision prise, tout notre être va tendre au changement.

 

Rumination : Prendre le taureau par les cornes

 

Vouloir changer sans le décider intimement, c’est un peu comme si on voulait apprendre à faire du vélo en courant à côté du vélo. Il y a un moment où il faut s’engager, il faut monter sur le vélo, on doit décider qu’on veut vraiment changer. Cette prise de décision arrive en général lorsque la souffrance devient trop grande et que notre esprit a un sursaut de révolte. Cela implique aussi d’être pleinement conscient de la place qu’on a laissé à ces pensées pernicieuses.

2 – Identifier les pensées de rumination

Ça paraît bête de préciser ça, mais parfois, on peut ne pas être conscient d’être en train de ruminer. Notre mental est un outil prodigieux lorsqu’il est utilisé à bon escient, et notre pire ennemi quand on le laisse naviguer en roues libres, sans pilote. Lorsque nous ne sommes pas conscients de ce que nous pensons, c’est un peu comme si on laissait n’importe qui faire la loi dans notre maison. Nous sommes alors des marionnettes à la merci de nos pensées.

Identifier ses pensées de rumination oblige à être en alerte, à prendre conscience du malaise que l’on éprouve. Le tricotage de pensées négatives en roues libres entraîne son lot d’émotions négatives : colère, tristesse, rancœur et sentiment de culpabilité. Plus on rumine, et plus l’émotion grandit. C’est bien souvent ce signe qui va nous alerter, nous faire prendre conscience que nous ne sommes pas en maîtrise. Peu à peu, cette gymnastique de détection va se mettre en place et il sera de plus en plus facile de prendre conscience de notre rumination.

 

Identifier ses pensées de rumination

 

3 – S’entraîner à expulser la rumination

Vous allez me dire encore une fois : « Ah oui, facile à dire ! » Oui, bien sûr, comme tout, c’est toujours plus facile à dire qu’à faire. Mais je vous assure, si moi j’y arrive, vous pouvez y arriver aussi. Car je suis (ou plutôt j’ose dire « j’étais ») une championne olympique de la rumination. Bien sûr, au début, l’effort est important, mais plus on pratique, plus cela semble facile.

Il y a des rechutes et il m’arrive encore d’être affectée par ce genre de pensées stériles, notamment si quelque chose m’a blessé et que je n’ai pas pu m’expliquer ou exprimer ce qui m’a fait mal, à la personne concernée. D’où la nécessité d’appliquer l’approche n°2 d’éradication de la rumination : s’exprimer.

2 – S’exprimer

1- Dire à l’autre ce qui nous a blessé

J’ai réalisé qu’exprimer ce qui m’a blessé était essentiel pour la santé de mon esprit. Et lorsque je parle d’exprimer, je veux dire l’exprimer à la personne “responsable de cette blessure ». Ce n’est pas toujours possible, mais bien souvent ça l’est. Il ne s’agit pas de l’exprimer dans la colère ou sous le coup de l’émotion, mais à froid, et rapidement.

L’exprimer rapidement car il ne faut pas trop laisser traîner les choses, sous peine d’être confronté à l’incompréhension de votre interlocuteur. À froid, quand le cœur et le corps se sont calmés. Être capable de faire ça à considérablement amélioré ma vie. Parler et s’expliquer s’apprend et c’est vraiment libérateur.

Rumination : S'exprimer

2 – S’excuser

Savoir s’excuser fait aussi partie de ce processus d’éradication des pensées négatives. Parfois, on dit des choses qu’on ne pense pas, par maladresse, ou parce qu’on a cédé à la colère, ou encore parce qu’on a envie de faire du mal (et oui, ça arrive !). Et faire mal à quelqu’un nous fait également beaucoup de mal. La plupart d’entre nous ne tire aucune fierté à blesser qui que ce soit. Pourtant, cela nous arrive à tous. C’est un poison dont il faut se débarrasser au plus vite en s’excusant.

Ce poison-là n’est pas une pensée à proprement parlé, mais plutôt un malaise qui envahit tout notre être, mêlant culpabilité et dégoût de soi. S’excuser libère les cœurs. À moins que ce que ayez fait soit très grave, des excuses sincères sont en général bien accueillies. Et si même en face, la personne n’est pas prête à recevoir nos excuses, nous avons fait notre part du chemin et pouvons sentir instantanément une libération. L’autre partie du chemin appartient à l’autre personne. Je parle bien sûr d’excuses sincères.

3 – Faire appel à un thérapeute

Dans certains cas, parler à une personne devient presque impossible, soit parce que le passif est lourd, soit parce que la personne réagit toujours dans l’émotion, soit parce que vous même avez du mal à vous délester de la charge émotionnelle liée à cette personne, soit par un mélange explosif ou délétère de toutes ces raisons. C’est bien souvent le cas des rapports avec les gens de notre famille. La souffrance est alors trop grande et on ne peut pas lutter seul. Il est alors nécessaire de se faire aider par un thérapeute.

Vous pouvez vous lancer dans une psychanalyse mais aussi essayer des thérapies plus courtes, comme les thérapies cognitives comportementales. En ce qui concerne notre évolution, peu importe les méthodes, l’essentiel est d’avancer. Nous réagissons tous différemment aux différentes thérapies, selon notre personnalité et selon notre stade d’évolution. Parfois, chaque méthode nous apportera un petit bout de guérison, un mieux-être sur un point précis.

 

Rumination : Thérapies

 

3 – Botter en touche

1 – S’éloigner des personnes qui nous sont nocives

Pour les pensées négatives engendrées à cause de nos relations, et on peut dire que c’est en majorité le cas, des solutions radicales sont parfois nécessaires, au moins pour un temps. Si une communication saine et apaisée avec une personne est impossible, pour diverses raisons, et que l’on réalise que cette relation est un poison dans notre vie, il faut alors penser à nous éloigner de cette personne. Comment peut-on faire le calme dans son esprit s’il est sans cesse parasité par une relation toxique ? Vous aurez beau tenter de chasser les pensées négatives, elles seront trop fortes et constamment alimentées par cette relation destructrice. Vous ne pourrez pas lutter.

Rumination : tactiques d'évitement

2 – Rêver, ou la rumination positive

C’est bien joli d’envoyer valser les ruminations, mais notre esprit a besoin d’être occupé, n’est-ce pas ? Nous n’en sommes pas encore à ce niveau de zénitude qui fait que notre esprit est un lac de tranquillité. Avant d’aspirer à avoir le mental d’un moine bouddhiste, on peut mettre en place une tactique de remplacement.

Cette solution peut se révéler particulièrement utile lorsqu’on est dans son lit et qu’on ne dort pas. Car allez savoir pourquoi, la rumination adore la position horizontale, spécialement la nuit. Remplacer les pensées négatives par du rêve peut ressembler à une tactique d’évitement, ce qui sonne comme une fuite, mais c’est une solution provisoire qui peut nous aider à passer un cap.

Ça consiste à penser à quelque chose qui vous fait vraiment vibrer, qui vous met en joie. Ça peut être un(e) amoureux(se), un vieux rêve enfoui datant de votre enfance ou votre prochaine création de bricolage. Quelque chose qui marche super bien pour moi, c’est de m’imaginer que je retape une vieille maison, existante ou non. Je défriche le jardin, je casse des murs, je fais de la récupération de meubles, je bricole, je repeins, etc. C’est mon antidote à la rumination. Je lui fais la peau à coup de marteau, de ponçage et de peinture. C’est constructif et ça sert à combattre les idées destructrices. Installez votre cinéma intérieur et donnez libre cours à vos rêves !

4 – Passer à l’action

1 – Créer

Occuper son esprit par des choses qui nous demandent de la concentration, le travail manuel notamment, est aussi un bon moyen d’évacuer la rumination. Que l’on parle de bricolage, de couture ou de loisirs créatifs, ces activités mobilisent toute notre attention. Essayez de penser à autre chose lorsque vous devez calculer votre prochaine découpe, dans du bois ou du tissu ? Ou lorsque justement vous devez faire la découpe ? Les activités manuelles occupent l’esprit et le corps en même temps. Difficile pour la rumination de se frayer un chemin dans cet espace si bien occupé.

Créer pour éviter de ruminer

2 – Méditer

À première vue, ça peut paraître étrange de mettre la méditation dans la partie « Passer à l’action », mais il me semble que c’est pourtant une démarche très active. Je parle bien de méditation et non de relaxation. Je fais cette précision car j’ai été surprise, en parlant avec une amie il y a quelques mois, de réaliser que pour elle, la méditation était synonyme de relaxation. C’est sûr, il vaut mieux être détendu quand on médite, mais ce n’est pas le but de la méditation.

Bien qu’il y ait plusieurs écoles, le principal but de la méditation est de calmer le mental et de renforcer notre pouvoir de concentration, nous rendant maître de nos pensées. C’est donc l’antidote par excellence à la rumination si l’on veut maîtriser ses pensées sur le long terme.

 

La méditation : l'activité par excellent pour ne plus ruminer

 

Quoi qu’il en soit, vaincre ses pensées négatives est certainement l’affaire de toute une vie. Nous avons beau apprendre et constater tous les jours combien la vie est plus simple et plus belle lorsqu’on a des pensées qui nous tirent vers le haut, les habitudes inscrites en nous depuis l’enfance ont la peau dure. Espérons que les générations à venir apprendront à grandir avec de nouveaux schémas fondés sur l’amour et non sur la peur.

 

Crédit photos
Couverture : par Ryan Song@ryansong
1 – Image par R_Winkelmann de Pixabayy
2 – Timbre – Dessinateur Emmanuelle Houdart
3 – Image par JacLou DL de Pixabay
4   Domaine public
5 – Image par Thomas Wolter de Pixabay
6 – Image par Gerhard Gellinger de Pixabay
7 – Image par Clker-Free-Vector-Images de Pixabay
8 – Image par Diese lizenzfreien Fotos darfst du zwar verwenden de Pixabay


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